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Malouinière de la Fosse Hingant

Sur la rive Est de l’étang de Sainte Suzanne (qui date de 1929), se trouve la Fosse Hingant. A l’origine, un très ancien manoir datait sans doute d’avant le XIVe siècle et comprenant entre autres un Colombier de six cents boulins.

Visible de la route, avec ces quatre colonnes et son fronton, une villa d'inspiration palladienne bâtie en 1885. C’est le propriétaire de l’époque qui la fit réaliser en hommage à son épouse d’origine italienne : Alice Christiani.

En 1418, le premier propriétaire connu fut Jehan Vimain qui « servait un aveu » indiquant ses redevances au seigneur du Plessis Bertrand dont sa métairie contribuait à nourrir la garnison du Fort du Plessis Bertrand.

En 1478, elle fut transmise à la famille Flambart qui conserve le domaine jusqu’en 1656.

En 1656, elle devient la propriété d’Olivier Trublet des Champs. Son second fils, Joseph Trublet de Nermont, un intrépide capitaine de navire, fut un des premiers à se rendre en 1703 dans les mers du sud et principalement sur les côtes du Chili et du Pérou. Il y fit sa fortune et contribua à la création de la « Compagnie des Mers du Sud » et à l’enrichissement fabuleux des Malouins.

En 1710, le vieux manoir se transforme alors en « Malouinière » avec la réalisation d’une chapelle sous le vocable de Saint Roch.

En 1793, sous la révolution, se déroulera l’époque la plus dramatique de cette demeure. Marc Desilles Michel de Cambernon, qui avait hérité du domaine par son épouse (petite-fille d’Olivier Trublet), qui devient le trésorier de l’association de la « Conjuration Bretonne », fondée par Armand Truffin, Marquis de la Rouërie. Parmi les amis et membres de l’association, le docteur Chevetel, très proche de Danton, les trahira. La plus jeune fille de la maison, Angelique Desclos de la Fonchais, jeune mère de deux enfants y fut arrêtée avec les conjurés et conduit à Paris pour y être guillotinés. Son père Marc Desilles arriva à s’enfuir en passant par la « Ville Bague » pour rejoindre Jersey où il mourra un an plus tard.

Transformée en caserne républicaine, puis abandonnée, la maison n’est rendue à la famille Desilles Michel de Cambernon qu’en 1799, mais les deux sœurs rescapées des purges de la Révolution n’y reviendront jamais.

En 1820, la maison est alors rachetée par Emmanuel le Joliff qui la restaure. Puis, ce sera la Marquise Aubert de Trégomain qui possédera le domaine par hypothèque de 1913 à 1918.

En 1918, les Petit Macé de la Villéon achètent cette Malouinière et la transmettent à leur fille, Madame Ivan de Dieuleveult qui y demeure jusqu’en 1991. Depuis, sa fille ainée, épouse de Bernard de Prat occupe la Fosse Hingant

Pendant la seconde guerre mondiale, la Fosse Hingant servit de camp retranché à l’armée allemande qui était composée principalement de soldats russes ralliés. Cette période d’occupation contribua fortement à la dégradation du domaine.