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Malouinière de la Ville es Treux

Située près de la Vignette, la Ville-es-Treux est, dans les années 1550, une modeste maison de campagne qui appartient à un corsaire malouin, Jacques Treux.

En 1638, elle est habitée par Malo de La Haye, époux de Jeanne Truchot. Leur fils, Luc de La Haye (1652-1695), mari de Guillemette Gris, est écuyer.

En 1695, au cours d’un combat naval aux Sorlingues (Iles Scilly) contre les Anglais, il est blessé grièvement et décède à son retour à Saint-Malo. Sans enfants, sa veuve devient alors « armatrice ».

Pierre Perrée du Coudray (1656-1742) qui combattit avec Luc de La Haye, son cousin et ami, fit l’acquisition du manoir de La Villestreux et de la terre qui s’étendait jusqu’aux rivages, avec droit d’épaves.

Le Roi, pour reconnaître ses services lui accorda la charge de Conseiller et Secrétaire du Roi avec le droit de porter le nom de La Villestreux qui fut relevé par son fils aîné, Nicolas.

La famille Perrée du Coudray de La Villestreux, l'une des plus riches de Saint Malo, était alliée aux Porée, aux Duguay-Trouin et aux Besle-Ile. De 1701 à 1706, Pierre Perrée du Coudray sut faire accueillir le pavillon royal dans les ports du Chili et du Pérou.

Après ses années de navigation, Pierre Perrée du Coudray s’occupe uniquement de l’armement des navires auxquels il était intéressé. Il se rend fréquemment à sa terre de La Villestreux où il voisine avec Jean de Launay, établi aux Courtils-Launay et avec le sieur Doublet, propriétaire du château de Nermont. Son fils, Nicolas Perrée du Coudray de La Villestreux, a accompagné son père sur le bateau qui passa le détroit de Magellan (1703). Il fut ensuite directeur général de la Compagnie des Indes, après avoir été capitaine de vaisseau au service du roi d'Espagne, puis il se fixa à Nantes.

Le domaine passe ensuite à Joseph Mallet, puis, par mariage, à la famille Le Bonhomme qui le possède encore en 1758. La propriété devient ensuite exploitation agricole et passe successivement aux familles du Lavouër, Basle et Corneille. Depuis 1994, elle appartient à la famille Bonnaure.

Le manoir que Luc de la Villestreux avait commencé à restaurer présente d’intéressants détails d’architecture comme il en existe peu dans les environs. La façade possède des ouvertures asymétriques percées pour la gestion du domaine agricole. La disposition des pièces intérieures correspond au même besoin. Par contre, l'emplacement des poutres laisse à penser qu’un escalier, au centre de la construction, côté sud, aboutissait dans la pièce principale au premier étage, toujours pourvue de deux belles cheminées. 

Les ouvertures ont des encadrements de granit, avec des appuis moulurés ; un linteau porte la date de 1696. La corniche est mordillonnée. D’imposantes cheminées couronnées et flanquées de colonnes renversées encadrent trois lucarnes au fronton arrondi et à pilastre cannelé.

La Ville-es-Treux est caractéristique de certaines constructions du XVIIe siècle, qui préfigurent les malouinières.

Vous êtes à moins de 5 mn de quatre malouinières : la Ville-Bague, les Barreaux, le Lupin, La Fosse-Hingant.