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Saint-Coulomb
tire son nom de saint Colomban, moine irlandais
qui débarqua en 580 sur la plage du Guesclin
avant de partir évangéliser l’Europe.
Le peuplement
du site est très ancien. Au second âge de fer,
vers 450 avant JC, sur la Pointe du Meinga,
un éperon barré formait un retranchement
d’environ 15ha, il subsiste encore un fragment
du mur d’enceinte. On trouve également trace de
la présence romaine en divers endroits de la
commune, tel l’îlot du Guesclin.
Selon la
légende, au VIIIème siècle, un roi sarrasin,
Acquin, tentant d’échapper aux armées
carolingiennes, débarqua sur une plage du
littoral armoricain et s’installa sur un rocher
appelé le Glay avec femmes, enfants et esclaves.
Il y resta 30 ans. A l’annonce de l’arrivée
imminente de Charlemagne, il quitta
précipitamment l’îlot, abandonnant dans sa fuite
un enfant. Charlemagne recueillit celui-ci et
lui donna le patronyme de Glay Acquin. Au fil
des siècles, Glay Acquin se transforma en
Guarplic, Clakin puis du Guesclin. Les
descendants de cet enfant régnèrent alors sur la
seigneurie de Saint-Coulomb.
Vers 1254, le
seigneur du Guarplic fit ériger une forteresse
plus facile à défendre à l’intérieur des terres,
le
Plessis Bertrand.
Le connétable de
France, Bertrand du Guesclin, est un descendant
d’une branche cadette de cette illustre famille.
Au Moyen-âge,
la Seigneurie du Plessis-Bertrand étendait sa
juridiction sur les paroisses de Saint-Coulomb,
Cancale et les communes avoisinantes jusqu’au
pied même des remparts de Saint-Malo. On peut
encore voir les ruines du château du Plessis
Bertrand, imposante forteresse démantelée en
1598 à la suite de la guerre qui opposa
catholiques et protestants.
De cette
seigneurie, dépendait le moulin à mer du
Lupin, le plus ancien de Bretagne, dont on
peut assurer qu’il existait déjà en 1200.
Aujourd’hui, seule la digue subsiste mais on
peut y admirer le site remarquable du Havre
de Rothéneuf fermé par l’Ile Besnard et le
tombolo dunaire de la Guimorais, le seul du
littoral d’Ille-et-Vilaine.
Au XVIIème
siècle, les riches armateurs malouins, à
l’étroit à l’intérieur des murs de Saint-Malo,
firent construire dans l’arrière-pays, les
malouinières, gentilhommières au style
fortement marqué par l’architecture militaire de
Garangeau, disciple de Vauban qui procédait
alors à la mise en défense des îlots de la baie
de Saint-Malo. On compte près de 20 malouinières
sur la commune, toutes habitées et entretenues
par des propriétaires passionnés.
Si la
révolution épargna notre saint patron (la
commune prit alors le nom de Coulomb Rocher)
elle n’épargna pas les hommes. En témoigne le
drame de la Fosse Hingant, malouinière
marquée par la trahison, en mars 1793, d’un
proche du marquis de La Rouërie, un des
événements déclencheurs de la Chouannerie.
C’est en 1911
que la marquise de Morny, plus connue sous le
nom de Missy, acheta, au nom de son amie,
Sidonie-Gabrielle COLETTE, une villa située sur
la plage de la Touesse, Roz Ven.
Colette
y séjourna entre 1911 et 1926. La maison
accueillit alors de nombreux artistes et auteurs
tel Théophile Briant, poète et éditeur qui
séjournait à la Tour du Vent, à Saint-Malo Elle
y écrivit en particulier « Le Blé en Herbe » qui
conte les amours de 2 adolescents dans le décor
rustique du Saint-Coulomb d’alors.
Après sa séparation d’avec Colette, Missy
s’installa dans la « Villa Primerose », à l’est
de la plage de la Guimorais.
Plus
récemment, l’histoire n’épargna pas
Saint-Coulomb. Le littoral porte encore les
signes de la 2ème guerre mondiale, on peut y
voir plusieurs blockhaus, implantés là pour
prévenir un éventuel débarquement allié dans le
Sud Cotentin.
Dans les années 60, Léo Ferré et sa célèbre
guenon Pépé habitèrent l’îlot du Guesclin.
La mort brutale de Pépé entraîna son départ pour
la Toscane où il demeura jusqu’à sa mort.
Aux XIXème et XXème siècles, les Colombanais
furent nombreux à partir sur les bancs de
Terre-Neuve pêcher la morue. L’économie locale
était alors assurée par la culture
des légumes primeurs. Cette activité est
maintenant en déclin. Aujourd’hui,
Saint-Coulomb, commune de 2 300 habitants, se
développe au sein de la communauté
d’agglomération, Saint-Malo Agglomération ;
poumon vert du littoral d’Ille et Vilaine,
Saint-Coulomb attire de nombreux touristes.
Ses paysages préservés et son
riche patrimoine ont souvent servi d’écrin à des
productions cinématographiques : parmi les plus
récents, « La Cérémonie » de Claude Chabrol, le
feuilleton télévisé « Entre Terre et Mer »
d’Hervé Baslé, un enfant du pays, « Selon
Charlie » de Nicole Garcia, tourné à Roz-Ven au
printemps 2005…
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