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La
campagne colombanaise est parsemée de "malouinières",
gentilhommières érigées du XVIème au XVIIIème
siècle dans tout l’arrière pays de Saint-Malo
par les armateurs malouins enrichis par une
activité marchande en pleine expansion.
D’abord simples maisons
des champs, ces « résidences secondaires »
deviennent au début du XVIIème siècle de belles
maisons de plaisance voire de petits châteaux.
Elles présentent un mode architectural
caractéristique : plan en simple rectangle ou en
H (dit en retour d’équerre), grand toit à coupe
et pente raide, hautes cheminées surmontées de
pot à feu en plomb ou en terre cuite, alignement
strict des ouvertures entourées de granit
taillé.
Cette architecture classique est
fortement inspirée de l’architecture militaire
adoptée alors pour la construction des hôtels
particuliers de Saint Malo.
Sur la centaine de
malouinières que compte le Clos Poulet (arrière
pays malouin), près de 20 sont situées sur la
Commune de Saint-Coulomb, nichées au cœur de
vallons verdoyants ou profitant d’une nature
accueillante.
Aujourd’hui, ces demeures
continuent de vivre grâce à la volonté de leur
propriétaire, amoureux passionnés de ce
patrimoine et de son histoire. Ce sont toutes
des propriétés privées. Vous pourrez découvrir
certaines de ces demeures au cours des journées
du patrimoine ou sur rendez-vous.
Les plus anciennes de ces malouinières
semblent datées du début des années 1500.
Bel Etre, La Ville
Poulet, La Ville Noël,
La Ville Galbrun. Il s’agit de
petits manoirs ruraux construits dans un style
proche des manoirs traditionnels bretons.
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La
Motte-Jean
(visites possibles) |
Le
site de cette malouinière est très ancien, les
bâtiments actuels sont construits au pied d’une
terrasse correspondant à l’emplacement d’une
villa romaine. La propriété compte 2 bassins
creusés à l’époque de du Guesclin qui y a tenu
garnison. La construction de la malouinière date
de 1625. Elle est composée d’un corps central,
flanqué de 2 pavillons en saillie aux
extrémités; 2 cheminées courtes s’élèvent
au-dessus du toit de vieilles ardoises. Une
chapelle, la Sainte Trinité, et un pigeonnier
féodal de 600 boulins complètent ce magnifique
ensemble.
Cette
malouinière a été construite en 1660 par la
famille Le Chauff à l’emplacement d’un très
ancien manoir daté des années 1030. C’est une
ancienne seigneurie sous la mouvance du
marquisat de Chateauneuf qui possédait le droit
de moyenne justice. Le corps de logis est
rectangulaire et couvert d’un grand toit à
croupes. Ce type de malouinières est assez
répandu dans le pays malouin. Présentant un
début de symétrie, notamment dans les travées,
ces édifices sont souvent complétés de petits
bâtiments sans étage situés de chaque côté du
corps principal.
Sur Saint-Coulomb, appartiennent à cet ensemble
les Biot Bois (datée de 1663)
sans doute construite sur le site d’une ancienne
demeure templière du XIIIème siècle, la
Ville Es Offrants (édifiée en 1670 sur
un site gallo romain, les 2 pavillons ont été
rehaussés au XIXème siècle modifiant
sensiblement l’esthétique de l’ensemble) et la
Ville Es Treux (1660). Cette
dernière présente en outre des lucarnes à
pilastres cannelées, plus anciennes et des
souches de cheminées ornées de volutes.
La construction du Lupin en 1692 marque un
changement d’architecture. Le logis principal
est dès lors encadré de 2 ailes basses. La
façade crépie est barrée par un linteau continu
entre les 2 étages. Les fenêtres et lucarnes
sont alignées dans une parfaite symétrie. Cette
demeure est la seule de Saint-Coulomb implantée
en bord de mer. Deux autres malouinières
seulement du pays malouin partagent cette
particularité, le Vaulerault et Beauregard
dominant, de Saint Méloir des Ondes, la Baie du
Mont Saint Michel.
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La Merveille Sainte-Suzanne |
Sur les rives de ce qui était
alors le "Ruisseau de Rothéneuf", se situait
autrefois une autre malouinière, la Merveille.
Elle était entourée d’un parc remarquable
constitué de jardins en terrasse. L’ensemble de
la propriété a été englouti sous les eaux de
l’étang de Sainte Suzanne lors de l’extension de
celui-ci en 1931. Crée en 1924 par la
construction d’un barrage sur le ruisseau de
Rothéneuf, agrandi en 1931 par la création d’un
2ème réservoir, l’étang de Sainte Suzanne est
une réserve d’eau pour le Pays Malouin. Il porte
le nom de la chapelle de la propriété.
Le long du ruisseau, on trouve encore 4
malouinières, la Ville Aze,
malouinière simple à 3 travées, construite en
1729, les Courtils-Launay en
1725, les Barreaux, petite
malouinière sans lucarne construite vers 1730 et
la Bréarde. Ces 4 demeures
présentent une façade symétrique et une toiture
à pans caractéristiques des gentilhommières du
Pays Malouin.
Sur la rive est de l’étang, on peut apercevoir
La Fosse Hingant (propriété
privée - ne se visite pas) Construite avant la
fin du XIVème siècle, la Fosse-Hingant fut
réaménagée au début du XVIIIème siècle dans
l’esprit des malouinières. La propriété possède
encore sa chapelle, Saint-Roch, datée de la fin
du XVIème siècle, deux fours à pains et un
pavillon, visible de la route, construit en 1885
dans un style italien « palladien », précurseur
du style baroque.
Au cours de la révolution française, la Fosse-Hingant
servit de quartier général au marquis de la
Rouèrie, chef de la conjuration bretonne. La
traîtrise d’un de ses proches mena 12 conjurés à
l’échafaud, parmi eux la propre fille du
propriétaire. Cet événement fut un des éléments
déclencheurs de la chouannerie en Bretagne.
Située sur l’autre rive de
l’étang de Sainte-Suzanne, cette malouinière a
été bâtie en 1725 sur un ancien domaine "La
Mettrie des Louails" La Mettrie aux Houets
présente tous les éléments d’une noble demeure :
grille, saut de loup, chapelle, colombier, cour
d’honneur et jardin avec miroir d’eau. Théophile
Briand écrivait : "Cette propriété, une des plus
pures gentilhommières de la région, est un
édifice de style régence. Derrière le château,
ceinturé de douves et d’un parapet de granit, le
parc est disposé comme un petit Versailles :
terrasse, tapis verts et miroirs d’eau".
La
malouinière que l’on peut aujourd’hui admirer a
été bâtie en 1715 à l’emplacement d’un manoir
plus modeste. Construite en pierres de pays
enduites de crépi, la Ville-Bague présente
toutes les caractéristiques d’une malouinière :
le logis central, encadré de deux ailes
latérales en léger retrait, présente sept
travées ; les chaînes d’angle, les encadrements
de fenêtres et de portes sont en granit ; la
toiture remarquable est ornée de faîtières et
surmontées de cheminées monumentales.
A
l’intérieur, un magnifique papier peint
panoramique daté de 1815 orne les murs du salon.
La chapelle, Sainte-Sophie, a été construite en
1660. Elle est richement décorée d’un retable
d’époque. Le pigeonnier carré date aussi de
1660. Sa partie basse est une orangerie.
Datée de la fin du XVIIIème
siècle, la Grande Gâtinais marque la fin des
constructions de malouinières. Elle est la plus
récente d’un hameau constitué de 4
gentilhommières, les autres Gatinais datant des
XVI et XVIIème siècle. Son architecture est
fortement inspirée de la malouinière du Bos
(Saint-Servan) et de sa jumelle, La Chipaudière
(Paramé) Le logis principal, encadré de 2 ailes
à étages imposantes, présente un avant corps
central plat. Cette architecture sera reprise
jusqu’à la fin du XIXème siècle dans les maisons
des riches négociants de l’Ouest de la France.
La richesse architecturale de
la commune de Saint-Coulomb ne se limite pas aux
seules malouinières, la campagne est parsemée de
Manoirs, de Fermes, Hameaux, Chapelles (Chapelle
Saint-Vincent) et Croix
qu’une errance sur les petites routes
colombanaise vous permettra de découvrir.
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